La guerre commerciale entre les États-Unis et l’Europe n’a pas attendu une déclaration officielle pour commencer. Elle se déroule en temps réel, à coups de menaces tarifaires, de contre-mesures bruxelloises, et de déclarations enflammées de part et d’autre de l’Atlantique.
Les 27 dirigeants de l’Union européenne ont tenu un sommet marqué par les tentatives de convaincre Budapest de lever son veto à l’aide à l’Ukraine, mais aussi par la question des droits de douane américains. À l’ordre du jour également : la guerre en Iran et ses effets sur les prix de l’énergie européens.
La Hongrie de Péter Magyar qui vient de prendre le pouvoir après avoir défait Orbán change progressivement la donne au sein du Conseil européen. Pour la première fois depuis des années, Budapest ne bloque plus systématiquement les décisions européennes sur l’Ukraine. La coalition des volontaires autour du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne pour une force de réassurance en Ukraine progresse dans ses discussions.
Sur le dossier Groenland, la résistance européenne reste ferme. Emmanuel Macron a été parmi les premiers à dénoncer les menaces tarifaires américaines liées à ce dossier, qualifiant d’inacceptable tout mélange entre coopération commerciale et pressions territoriales. La population groenlandaise elle-même, à travers ses représentants, insiste : son avenir lui appartient, et ni Washington ni Copenhague ne peut en décider sans elle.
La grande question de fond reste celle-ci : la relation transatlantique peut-elle survivre à un président américain qui traite ses alliés comme des adversaires commerciaux ? Pour l’Europe, la réponse est de plus en plus clairement non et la préparation d’une autonomie stratégique, longtemps jugée utopique, devient une nécessité pratique.




























