Dans la guerre la plus brutale que l’Europe ait connue depuis 1945, trente heures de relatif silence ont quelque chose d’une parenthèse irréelle. Vladimir Poutine avait décrété un cessez-le-feu de Pâques, débutant le 11 avril à 16h00 et devant durer jusqu’au soir du 12 avril. Les troupes russes ont reçu l’ordre d’arrêter les combats, tout en restant prêtes à réagir à d’éventuelles attaques.
La réalité du terrain a compliqué ce tableau. L’armée ukrainienne, accusée de violer la trêve pascale, a attaqué Novaïa Kakhovka, dans la région de Kherson, blessant un civil selon les autorités russes. De son côté, l’Ukraine a accusé les forces russes de violations similaires. Et comme souvent dans ce conflit, la vérité est ensevelie sous des couches de propagande des deux bords.
La Russie et l’Ukraine ont repris leurs attaques nocturnes de drones après l’expiration dimanche soir de la trêve. Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé 98 drones, dont 87 ont été abattus. Le ministère russe de la Défense a pour sa part indiqué avoir intercepté 33 drones ukrainiens.
La question qui obsède les observateurs : cette trêve pascale était-elle un geste humanitaire sincère, ou un outil de communication politique de Moscou ? La réponse importe moins que le constat : dans une guerre qui avance de quelques centaines de mètres par semaine au prix de milliers de morts, toute heure sans tir est une heure gagnée. Et si d’autres heures de ce type pouvaient s’ajouter, puis des jours, puis des semaines alors peut-être, un jour, quelque chose ressemblant à la paix deviendrait imaginable.






























