Les chiffres d’un sondage peuvent masquer toutes les fragilités du monde. Macky Sall est premier dans les intentions des diplomates et experts mondiaux avec 38,6 %, devant Michelle Bachelet, Rafael Grossi et Rebeca Grynspan. Et pourtant, sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU est peut-être la plus fragile du groupe.
Un sondage du cabinet britannique Holding Price Limited place Macky Sall en tête des intentions avec 38,6 % des décideurs, diplomates et experts en relations internationales interrogés, devant ses principaux concurrents.
Mais l’Union africaine a rejeté sa candidature le 27 mars : 20 États membres, dont le Sénégal lui-même, ont rompu la procédure de silence, empêchant l’adoption du soutien continental. Malgré ce désaveu formel, sa cellule de communication a indiqué que la candidature restait maintenue.
Lors du “grand oral” du 21 avril à New York, Macky Sall s’est distingué comme le seul candidat extérieur au système onusien, fort de son expérience de chef d’État et de son rôle passé à la présidence de l’Union africaine. Mais il n’est soutenu ni par son propre pays, ni par l’organisation continentale.
Cette situation révèle un paradoxe caractéristique de la politique africaine : un homme peut être reconnu et respecté à l’international tout en étant combattu chez lui. Les tensions entre Sall et le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye, son successeur et ancien opposant ont définitivement fermé la porte d’un soutien officiel de Dakar. Et sans ce soutien, même un premier dans les sondages peut trébucher sur les votes du Conseil de sécurité, où cinq membres permanents auront chacun leur mot à dire.




























