Dans la guerre, il y a parfois des gestes qui ne ressemblent à rien d’autre. Pas des victoires militaires, pas des signatures diplomatiques. Juste la décision de rendre des hommes à leurs familles. Ce mercredi 15 avril, un accord singulier vient d’être officialisé.
L’AFC/M23 a signé un accord avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour remettre jusqu’à 3 000 militaires des FARDC prisonniers. Trois mille soldats congolais, capturés lors des combats, qui pourraient retrouver les leurs. Si cet accord est appliqué et c’est là le cœur de la question, ce sera l’une des plus importantes opérations de libération de prisonniers de guerre depuis le début de ce conflit.
Il serait naïf de croire que cette décision est purement humanitaire. L’AFC-M23 et ses soutiens rwandais savent que leur image internationale est celle d’une rébellion prédatrice. Ce geste, s’il se concrétise, leur offrira un capital de respectabilité dont ils ont besoin dans les négociations en cours. Un nouvel accord a d’ailleurs été signé entre Kinshasa et l’AFC-M23 en Suisse pour consolider le cessez-le-feu.
Mais pour les familles des soldats concernés, peu importe les calculs politiques. Ce qui compte, c’est le retour. Ce qui compte, c’est ne plus être dans l’attente insupportable d’une nouvelle qui n’arrive pas. Combien de mères congolaises savent depuis des mois que leur fils a été capturé et n’ont reçu aucune nouvelle ? Combien d’épouses élèvent seules leurs enfants depuis qu’un front de l’Est a avalé leur mari ?
L’application de cet accord sera scrutée de près par les organisations humanitaires. Le CICR, acteur neutre reconnu internationalement, sera le garant du processus. Sa présence dans cette transaction est la principale garantie de sérieux. Reste à savoir si les 3 000 soldats annoncés seront effectivement remis, ou si cet accord rejoindra la longue liste des engagements non tenus que cette guerre accumule depuis des années.






























