Sept mille milliards de dollars. C’est le chiffre qu’a avancé Sam Altman, PDG d’OpenAI, comme montant nécessaire pour construire les infrastructures de puces semiconducteurs indispensables à la prochaine génération d’intelligence artificielle. Pour donner un ordre de grandeur : c’est plus que le PIB annuel du Japon. C’est environ 7 % du PIB mondial total.
Ce chiffre, qui a d’abord été pris pour une provocation ou une blague, révèle en réalité quelque chose de fondamental sur les enjeux de la révolution de l’IA : elle est extraordinairement gourmande en ressources en énergie, en eau pour refroidir les data centers, en métaux rares pour les composants électroniques, et en capitaux pour financer tout cela.
La connexion avec l’Afrique est directe. Ces métaux rares, cobalt, lithium, tantale, germanium se trouvent en grande partie sous les sols congolais, zambiens, zimbabwéens. La révolution de l’IA a besoin de l’Afrique. Et paradoxalement, l’Afrique est celle qui bénéficie le moins, pour l’instant, des applications de cette technologie.
Mais les choses changent. Les programmes africains de formation au numérique “One Million Coders” au Ghana, bibliothèques numériques au Sénégal, connectivité scolaire en Zambie préparent une génération qui sera capable de travailler avec et pour l’IA, et pas seulement de lui fournir ses minerais. Le défi est de s’assurer que la transition numérique africaine ne reproduit pas les erreurs extractivistes de la période des matières premières classiques.




























