Les rideaux sont tombés samedi 18 avril sur la 14e édition du MASA, Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan. Cet événement phare du calendrier culturel africain a une fois encore rassemblé le gratin des professionnels du spectacle vivant, des producteurs aux diffuseurs, des artistes aux journalistes culturels, dans une Abidjan en pleine effervescence artistique.
Le MASA n’est pas qu’un festival. C’est une bourse, un lieu de rencontres professionnelles, un espace de négociation entre des artistes souvent talentueux mais mal armés pour naviguer les circuits commerciaux internationaux et des décideurs qui font et défont les carrières. C’est aussi un lieu politique : qui est invité, qui est programmé, qui est mis en avant dit quelque chose sur la vision que le continent a de lui-même.
Cette édition a été marquée par une présence forte des musiques de la sous-région Afrique centrale. La rumba congolaise, fraîchement portée au zénith par la sortie de “XX Delirium” de Fally Ipupa, a été omniprésente dans les conversations. Des artistes congolais émergents ont profité de cette plateforme pour se faire connaître des programmateurs de salles européennes et nord-américaines.
Le MASA illustre quelque chose d’important : l’industrie musicale africaine ne peut pas se développer uniquement à travers les plateformes de streaming. Elle a besoin de lieux physiques où les artistes rencontrent des professionnels, où des contrats se signent, où des tournées se planifient. Abidjan, en accueillant cet événement depuis 1993, a compris avant beaucoup que la culture est une économie, et que cette économie mérite une infrastructure sérieuse.




























