Le compte à rebours s’était enflammé mardi. Donald Trump déclarait s’attendre à reprendre les bombardements “sous peu”. La trêve allait expirer à 2h du matin mercredi heure française. Et puis, à quelques heures de l’échéance, un autre message sur Truth Social : prolongation “jusqu’à nouvel ordre”.
Nouveau revirement de la part de Donald Trump. À quelques heures de la fin du compte à rebours, le président américain s’est résolu mardi 21 avril à prolonger jusqu’à nouvel ordre la trêve observée avec l’Iran, afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.
Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait déclaré qu’il s’attendait à ce que les États-Unis bombardent à nouveau l’Iran “sous peu” si aucun progrès n’était réalisé lors du deuxième cycle de négociations. “Je m’attends à ce que nous bombardions, car ce serait une meilleure attitude”, avait-il déclaré lors d’une interview accordée à CNBC.
Le vice-président JD Vance, qui devait diriger la délégation pour le deuxième round à Islamabad, a annulé son voyage. Dans le même temps, l’Iran a annoncé que le cessez-le-feu prendrait fin à 2h du matin. Les dirigeants pakistanais, dont le Premier ministre Shehbaz Sharif, ont travaillé d’arrache-pied pour amener les deux parties à accepter un deuxième cycle.
Pour un conseiller du négociateur en chef iranien Mohammad Baqer Qalibaf, cette prolongation constitue surtout une “manœuvre visant à gagner du temps” en vue d’une frappe surprise. À Téhéran, où les principaux aéroports ont rouvert, la vie reprend son cours. Mobina Rasoulian, une étudiante de 19 ans, savoure le répit.
Ce qu’illustre cette journée du 22 au 24 avril, c’est la nature profondément chaotique de la stratégie américaine dans ce conflit. Trump annonce des frappes imminentes, puis prolonge la trêve. Il maintient le blocus tout en demandant à l’Iran de négocier. Il pose des conditions inacceptables tout en prétendant vouloir la paix. Ce chaos calculé ou non laisse l’Iran dans une posture impossible, et le monde dans une incertitude permanente qui coûte chaque jour plusieurs centaines de millions de dollars aux économies mondiales.




























