La nouvelle arrive comme une respiration dans un tableau sécuritaire étouffant. En Ituri, 42 otages ont été libérés lors d’une opération des forces congolaises. Quarante-deux vies rendues à leurs familles, arrachées à l’emprise de ravisseurs qui utilisent les enlèvements comme instrument de terreur et source de financement.
Cette libération est un succès. Il faut le dire sans réserve. Les familles de ces personnes qui ont peut-être vécu des semaines sans nouvelles, dans l’angoisse d’un appel qui n’arrive pas vivent aujourd’hui quelque chose de rare dans cette région : du soulagement.
Mais dans la province de l’Ituri, la situation demeure alarmante. Les attaques rebelles principalement des ADF et de divers groupes armés continuent de faire des victimes, de provoquer des déplacements de population et de causer des dégâts aux infrastructures. La MONUSCO y maintient ses activités et continue de soutenir le cessez-le-feu tout en assurant la protection des civils.
La MONUSCO avait précédemment accueilli près de 3 000 civils fuyant les violences dans le village de Djaiba, qui avaient trouvé refuge dans la base onusienne à Fataki. Ces chiffres 3 000 personnes cherchant refuge dans une base militaire internationale disent mieux que n’importe quel discours l’état de décomposition de la sécurité dans cette province.
La libération des 42 otages est une bonne nouvelle dans un long roman tragique. Elle n’efface pas les centaines de personnes encore entre les mains des groupes armés. Elle ne reconstruit pas les villages détruits. Elle ne rappelle pas les familles dispersées. Mais elle démontre que l’armée congolaise, quand elle est bien commandée et bien informée, peut produire des résultats. C’est une preuve. Et les preuves, dans ce contexte, ont une valeur inestimable.





























