Quarante-huit mille personnes. En quelques semaines. C’est le bilan humain des affrontements dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, où les combats entre l’AFC-M23 et les milices Wazalendo ont vidé des villages entiers de leurs habitants.
Près de 48 000 déplacés sont en situation humanitaire alarmante à Kalehe, suite aux affrontements persistants entre l’AFC/M23 et les Wazalendo. La situation est jugée critique par les organisations humanitaires présentes sur le terrain.
Ce chiffre s’ajoute à un tableau d’ensemble déjà accablant. Mais ce qui distingue la crise de ce 17 avril, c’est l’alerte lancée au Conseil de sécurité de l’ONU par la directrice exécutive d’ONU Femmes. Sima Bahous a avertis le Conseil que les femmes, premières victimes des conflits, doivent impérativement être placées au cœur des efforts de paix. Elle a dénoncé le silence des Accords de Washington sur les questions de genre et les violences sexuelles, pourtant une caractéristique centrale du conflit. “Sans un soutien explicite du Conseil de sécurité, les Congolaises demeureront des spectatrices”, a-t-elle déclaré.
Les données du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme pour 2025 sont accablantes : 887 cas de violences sexuelles ont été documentés, touchant 1 534 victimes, dont 854 femmes et 672 filles. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu concentrent près de 80 % de ces atrocités. Le M23 arrive en tête des responsables avec 439 victimes enregistrées.
Ces chiffres représentent les cas documentés, une fraction de la réalité, tant l’accès aux zones de conflit reste limité et tant la honte sociale dissuade encore de nombreuses victimes de témoigner.
Ce que dit Sima Bahous est fondamental : la paix négociée par des hommes pour des hommes n’est pas une paix durable. En excluant les femmes des processus de paix, on prive les accords de leur dimension sociale la plus essentielle. On prépare les conditions d’une prochaine guerre. À Kalehe, 48 000 déplacés attendent. Parmi eux, des milliers de femmes qui ne seront pas autour de la table quand on signera la paix.




























