Pendant que le pape Léon XIV prêchait la paix en Afrique, l’Europe se regardait dans deux miroirs distincts. À Barcelone, un rassemblement progressiste mondial. À Milan, une réunion des partis d’extrême droite européens. Deux visions du monde, deux projets de civilisation, dans deux villes de la même péninsule.
Le Brésilien Lula, la Mexicaine Claudia Sheinbaum, le président du Conseil européen António Costa, les chefs d’État sud-africain, colombien, uruguayen et irlandais étaient à Barcelone pour répondre à la “vague réactionnaire” qui traverse les démocraties occidentales.
Ce qui se joue à Barcelone est une tentative de reconstruction d’une internationale progressiste capable de répondre à la montée des populismes. La présence de leaders du Sud global, Brésil, Mexique, Afrique du Sud, Colombie dit que ce projet n’est plus seulement occidental. Il cherche à être universel.
À Milan, les partis d’extrême droite qui gouvernent ou aspirent à gouverner en Europe consolident leur réseau, partagent leurs méthodes, coordonnent leurs discours. Ils ont le vent en poupe depuis plusieurs élections nationales. La Hongrie vient de montrer que ce modèle peut être défait mais la défaite d’Orbán n’a pas signé la fin de la vague réactionnaire.
Ce double sommet illustre une fracture fondamentale : le monde va-t-il vers plus d’intégration, de solidarité internationale, de droits fondamentaux ? Ou vers le repli national, la fermeture des frontières, la remise en cause des acquis démocratiques ? Cette question ne se posait plus depuis des décennies dans des termes aussi aigus. Elle se pose aujourd’hui avec une urgence redoutable.



























