La révolution numérique africaine a peut-être commencé à s’écrire vraiment ces derniers jours. Non plus comme un discours d’espoir, mais comme une série d’actes concrets, de signatures, de financements, de projets dont les fondations sont coulées dans le béton des décisions politiques.
La 4e édition du Gitex Africa Morocco s’est tenue à Marrakech autour du thème “Redéfinir la souveraineté à l’ère de l’intelligence artificielle”. Les ministres africains et européens présents ont mis en exergue la nécessité d’un partenariat technologique euro-africain fondé sur l’éthique, le partage d’expertise et centré sur l’humain.
L’une des annonces les plus structurantes de la semaine est venue du Maroc : la ministre déléguée Amal El Fallah Seghrouchni a annoncé le lancement des études techniques pour la construction à Dakhla d'”Igouda”, le futur plus grand data center d’Afrique, avec une capacité prévue de 500 mégawatts à l’horizon 2030, entièrement alimenté par des énergies renouvelables et refroidi grâce à l’eau de l’Atlantique.
Le Gabon, de son côté, a signé en marge du Gitex un protocole d’accord avec l’Agence de Développement du Digital marocaine, ouvrant des perspectives en matière de cybersécurité et d’harmonisation des stratégies numériques. Le directeur général de l’ANINF, Alberto Mounguegui Moudoki, a martelé : “Bâtir un cyberespace sûr n’est plus une option, mais une exigence stratégique au service de la souveraineté des États.”
Les ministres africains ont également signé la Déclaration d’Alger pour unifier les réseaux du continent un acte symbolique mais porteur d’une ambition réelle : construire une Afrique numériquement souveraine et interconnectée.
L’enjeu dépasse la technologie. Dans le monde actuel, contrôler ses données, c’est contrôler son avenir économique, sa sécurité nationale, la narrativité de son propre peuple. L’Afrique qui signe ces accords ce printemps 2026 est une Afrique qui a compris que la prochaine bataille pour son indépendance se mènera sur les serveurs.






























