Il y a quelque chose de solennel et presque anachronique dans ce rituel onusien : quatre personnes qui briguent le titre de “patron du monde” passent leur oral devant 193 nations. Comme si la gouvernance mondiale pouvait se réduire à trois heures de questions-réponses.
Ce mardi 21 avril 2026, à New York, les auditions publiques pour la succession d’Antonio Guterres sont officiellement lancées. Pendant deux jours, les quatre candidats déclarés seront soumis à trois heures de questions face aux États membres de l’ONU et à des représentants de la société civile.
Les candidats en lice : Macky Sall, l’ex-président sénégalais et seul candidat africain, portant l’ambition du continent malgré l’absence de soutien formel de Dakar et de l’UA. Michelle Bachelet, ex-présidente chilienne, connue pour son mandat à la tête du Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, dont la maîtrise des dossiers nucléaires le positionne fortement dans le contexte iranien. Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la CNUCED.
Ces auditions n’ont aucune valeur contraignante. Ce sont les membres permanents du Conseil de sécurité qui, dans leurs tractations à huis clos, décideront en réalité. Mais elles permettent aux candidats de projeter une vision, de montrer comment ils imaginent une ONU réformée, crédible, utile dans un monde fracturé.
Tous les candidats s’accordent sur l’urgence de réformer une organisation perçue comme affaiblie. Le futur secrétaire général héritera d’une institution à un tournant de son histoire.
Le prochain patron de l’ONU prendra ses fonctions le 1er janvier 2027, dans un monde marqué par la guerre en Iran, le conflit ukrainien, la crise climatique et le retour des nationalismes. Sa première journée de travail sera déjà une urgence.




























