Le ministère de la Défense russe a rendu publique la liste d’une vingtaine d’entreprises européennes qui fabriquent des drones destinés à l’Ukraine ou des composants pour ces derniers. Pour les faucons de Moscou, ce sont autant de “cibles légitimes”.
Cette annonce marque un seuil nouveau et préoccupant. En désignant nommément des entreprises civiles situées en France, en Allemagne, en République tchèque et dans d’autres pays de l’OTAN, la Russie envoie un signal d’intimidation qui dépasse les limites habituelles du conflit. Ce n’est plus seulement une guerre entre la Russie et l’Ukraine, c’est une guerre qui menace explicitement des activités économiques sur le sol européen.
Les forces de défense ukrainiennes ont frappé plusieurs cibles stratégiques en Russie et sur les territoires occupés. Selon les données ukrainiennes, les pertes totales des troupes russes depuis le 24 février 2022 s’élèvent à environ 1 316 070 personnes au 17 avril 2026.
Ces chiffres vertigineux, plus d’un million de soldats russes mis hors de combat en quatre ans, disent quelque chose de terrible sur l’ampleur d’un conflit que l’Europe a longtemps espéré voir se terminer rapidement. La guerre d’usure que mène Moscou s’avère coûteuse pour la Russie, mais elle s’avère aussi épuisante pour les soutiens occidentaux de l’Ukraine.
Ce que cette semaine révèle, c’est une guerre qui s’industrialise, se technicise, et cherche à frapper les chaînes d’approvisionnement avant même les fronts. Dans ce contexte, la résilience industrielle des démocraties européennes devient un enjeu militaire direct. Et les entreprises qui fabriquent des drones commencent à comprendre qu’elles sont, qu’elles le veuillent ou non, des acteurs de guerre.




























