Les stades africains ont toujours été des espaces politiques. Ce week-end, à Brazzaville, l’enceinte sportive de Kintélé a offert l’un de ces moments où le sport révèle ce que les diplomaties cherchent à cacher. Lors d’un match organisé en marge de la cérémonie d’investiture de Denis Sassou N’Guesso, le président Félix Tshisekedi de la RDC a été ovationné par le public du stade, tandis que Paul Kagame du Rwanda a été hué. Un thermomètre politique saisissant de l’état des opinions publiques d’Afrique centrale sur le conflit qui déchire l’Est congolais.
Cette scène vaut plus que n’importe quel sondage d’opinion. Dans les gradins de Brazzaville ville dont les habitants partagent avec Kinshasa une histoire, une langue et un fleuve, la population a exprimé spontanément ce que les communiqués officiels n’osent pas formuler : une solidarité profonde avec la RDC, et un rejet tout aussi profond de celui que l’opinion régionale tient pour responsable de la guerre à l’Est.
Ce n’est pas la première fois que les enceintes sportives d’Afrique centrale servent d’exutoire au sentiment populaire sur ce conflit. Les matchs des Léopards lors des qualifications pour la Coupe du monde ont déclenché des célébrations qui ressemblaient autant à de la fierté nationale qu’à un pied de nez collectif aux pressions extérieures.
Le message envoyé par ce stade de Brazzaville est clair : la solidarité africaine ne s’exprime pas seulement dans les discours des chefs d’État. Elle vit dans les tribunes, dans les rues, dans la mémoire collective d’un peuple qui sait faire la différence entre ceux qui cherchent la paix et ceux qui font la guerre.




























