Le contraste est brutal. D’un côté, des diplomates qui signent des communiqués à Montreux, en Suisse, autour de tables bien éclairées et de cafés chauds. De l’autre, des villages du Sud-Kivu bombardés depuis le ciel, à quelques heures de là.
Dans un communiqué publié le dimanche 19 avril, l’armée congolaise a fait état d’une attaque survenue la veille dans la province du Sud-Kivu. Les FARDC pointent du doigt une coalition formée par l’armée rwandaise et le mouvement AFC-M23. Selon ce communiqué, les frappes ont ciblé les hauts plateaux de Minembwe, avec des drones attribués par Kinshasa à Kigali, qui ont bombardé des positions militaires congolaises à Mikenge et Kakenge. Des zones civiles au secteur “Point Zéro” ont également été touchées.
Cet incident survient à un moment particulièrement sensible, le lendemain même de la neuvième session des pourparlers de Montreux en Suisse, destinés à apaiser le conflit. “Les pourparlers de Montreux, qui venaient juste de s’achever, représentaient un espoir, aussi ténu soit-il, de désescalade. L’attaque perpétrée au Sud-Kivu vient jeter un froid brutal sur ces efforts diplomatiques”, note le communiqué des FARDC.
La logique est malheureusement connue : chaque fois qu’une dynamique diplomatique commence à prendre forme, des actions militaires sur le terrain viennent la déstabiliser. C’est un pattern que les analystes de la crise congolaise observent depuis des années, comme si certains acteurs avaient davantage intérêt à maintenir la guerre qu’à construire la paix.
Washington réclame une mise en œuvre urgente de l’accord de Washington et mise sur le processus de Doha pour traiter les causes profondes de la violence.
La question reste entière : jusqu’où les bombes peuvent-elles coexister avec les négociations avant que celles-ci ne capitulent définitivement face à celle-là ?




























