Dans le silence des couloirs feutrés de la Banque centrale du Congo, une décision vient d’être prise qui pourrait transformer le quotidien de centaines de milliers de creuseurs artisanaux. La BCC a annoncé un changement de cap concernant l’or artisanal, une décision saluée par les observateurs du secteur minier. Les détails précis de cette réforme sont encore en cours de dévoilement, mais les grandes lignes tracent une volonté de formaliser et de mieux intégrer l’extraction artisanale dans les circuits officiels.
C’est un enjeu colossal pour un pays qui possède l’un des sous-sols les plus riches de la planète, mais qui peine à en tirer des recettes publiques suffisantes. L’or artisanal, qui représente une part significative de la production congolaise, échappe en grande partie aux circuits formels. Il est souvent exporté frauduleusement, parfois via les pays voisins, privant le Trésor congolais de revenus considérables.
Mais derrière les chiffres macro-économiques, il y a des visages. Ceux des creuseurs de Kamituga, de Shabunda, de Butembo des hommes et des femmes qui risquent leur vie chaque jour dans des conditions de travail précaires, pour une rémunération dérisoire, sans aucune protection sociale. Si la nouvelle politique de la BCC leur offre un accès à des prix d’achat plus justes et à des circuits sécurisés, ce sera une avancée réelle.
La question qui reste entière : qui contrôlera l’application de cette réforme dans des zones souvent hors de portée de l’État ? L’histoire congolaise regorge de bonnes décisions qui n’ont jamais quitté les bureaux de Kinshasa.





























