L’Assemblée nationale a adopté une loi phare pour la souveraineté alimentaire de la RDC, un texte présenté comme un tournant majeur pour la politique agricole du pays. Dans une nation qui importe une part significative de sa nourriture malgré des terres agricoles parmi les plus fertiles du continent, ce vote a une portée symbolique et pratique considérable.
La loi vise à protéger les producteurs locaux, à encadrer les importations alimentaires concurrentes, à renforcer les circuits courts, et à valoriser les savoirs agricoles traditionnels. Elle entend redonner leur dignité aux paysans congolais, souvent marginalisés au profit d’importations massives en provenance d’Asie ou d’Amérique du Sud.
Car le paradoxe congolais est saisissant : le pays dispose de 80 millions d’hectares de terres arables, de deux saisons agricoles par an, et d’un réseau hydrographique exceptionnel. Pourtant, des millions de Congolais souffrent de malnutrition, et les marchés de Kinshasa regorgent de produits importés. Cette loi cherche à inverser cette logique absurde.
Mais le vote d’une loi n’est que la première étape. La vraie question est celle des moyens : routes rurales pour acheminer les récoltes, accès au crédit pour les petits agriculteurs, chaînes du froid pour préserver les denrées, formation agronomique, semences améliorées. Sans ces investissements concrets, la souveraineté alimentaire restera une belle déclaration d’intention. La RDC a souvent su adopter de bonnes lois. Sa difficulté chronique est de les faire vivre.






























