Chaque saison des pluies, c’est le même spectacle. Les caniveaux débordent, les rues se transforment en rivières boueuses, les maisons sont envahies par des eaux chargées de déchets. À Matete, comme dans de nombreuses communes de Kinshasa, les inondations sont devenues une calamité annuelle acceptée comme une fatalité. Le projet de résilience aux inondations urbaines en RDC, financé par la Banque mondiale, entend changer cette réalité en commençant par un curage méthodique des caniveaux de Matete.
L’initiative est bienvenue. Mais elle soulève une question fondamentale : pourquoi faut-il un financement externe pour entretenir des infrastructures qui relèvent de la responsabilité première des autorités locales ? La réponse, douloureuse mais lucide, tient en quelques mots : absence de ressources propres, corruption, désorganisation des services publics.
Les inondations à Kinshasa ne sont pas une simple nuisance ; elles sont le symptôme d’une gestion désastreuse des déchets et d’une urbanisation anarchique. Chaque canal bouché est une ligne de défense qui cède, exposant des milliers de foyers aux eaux stagnantes, aux maladies hydriques et à la destruction de leurs biens.
Kinshasa, mégapole de plus de 17 millions d’habitants, croît à une vitesse que ses infrastructures ne peuvent pas suivre. Des quartiers entiers sont construits sans aucun plan d’assainissement, sans voirie, sans réseau de drainage. Tant que cette urbanisation anarchique ne sera pas maîtrisée, les projets ponctuels, aussi bien financés soient-ils, ne seront que des pansements sur une artère ouverte. La Banque mondiale le sait. Les autorités congolaises aussi. Mais entre le savoir et l’agir, il y a parfois tout un fleuve Congo à traverser.






























