La guerre a marqué une pause. Brève, fragile, chargée d’arrière-pensées. Le président russe Vladimir Poutine a annoncé un cessez-le-feu de Pâques, débutant le 11 avril à 16h00 heure de Moscou et devant durer jusqu’au soir du 12 avril. Les troupes russes ont reçu l’ordre d’arrêter les combats pendant cette période, tout en restant prêtes à réagir à d’éventuelles attaques. Le Kremlin a déclaré s’attendre à une démarche similaire de la part de l’Ukraine.
Cependant, l’armée ukrainienne, accusée de violer la trêve pascale, a mené une attaque sur Novaïa Kakhovka, dans la région de Kherson, blessant un civil selon les autorités russes.
Cette trêve n’a rien de naïf. Côté russe, elle offre une image de puissance magnanime, d’un État qui respecte les calendriers religieux de sa propre tradition chrétienne orthodoxe, tout en maintenant la pression militaire aux frontières. Côté ukrainien, accepter une trêve proposée par l’agresseur, c’est risquer de normaliser une forme de domination symbolique — et permettre à Moscou de se repositionner tactiquement sur certains fronts.
Les analystes militaires notent que ces trêves ponctuelles n’ont jamais conduit à des négociations sérieuses. Elles permettent parfois des rotations de troupes, des ravitaillements, des repos. Rien de plus. La guerre, elle, continue son œuvre lente et dévastatrice.
Ce moment de silence relatif sur les lignes de front est pourtant précieux : il rappelle que même dans la guerre, des espaces de humanité peuvent surgir. Même brefs. Même instrumentalisés.






























