Le président français Emmanuel Macron a annoncé ce lundi 11 mai 23 milliards d’euros d’investissements en faveur de l’Afrique lors du sommet Africa Forward à Nairobi. Selon l’Élysée, 14 milliards proviennent d’acteurs français.
Vingt-trois milliards d’euros. C’est le chiffre mis en avant par l’Élysée pour résumer l’ambition du sommet Africa Forward. Dans ce total, 14 milliards proviennent directement d’acteurs français, entreprises privées, fondations, fonds d’investissement, et opérateurs de l’aide au développement comme l’AFD et Proparco. Les 9 milliards restants proviennent d’autres partenaires internationaux qui se sont engagés en marge du forum.
La dimension numérique est centrale dans ces engagements. La France a présenté lors du sommet Africa Forward un projet de 100 millions d’euros pour le déploiement de la fibre optique en RDC. D’autres projets couvrent le développement de startups africaines, la formation aux métiers de l’intelligence artificielle, et la mise en place d’infrastructures de cloud souverain dans plusieurs pays du continent.
Macron a déclaré à l’issue du sommet : “L’Afrique va réussir et on réussira avec.” Il a également affirmé que “l’ère du pré-carré français en Afrique est terminée”, tentant de tourner la page d’une relation historiquement déséquilibrée.
Mais pendant que les chefs d’État se congratulaient dans les salles climatisées du Kenyatta International Convention Centre, dehors, des militants anti-France ont tenté de forcer l’entrée du centre de conférences. Les forces de sécurité kényanes ont dispersé le groupe à coups de gaz lacrymogènes. Parmi les personnes arrêtées figurent des nationaux britanniques, français, sud-coréens et grecs, ainsi que sept Kenyans.
Cette dualité, les 23 milliards annoncés à l’intérieur et les manifestants gazés à l’extérieur, dit tout de la complexité de la relation franco-africaine en 2026. La France peut annoncer des milliards, modifier son discours, choisir Nairobi plutôt que Paris pour son sommet. Mais le ressentiment historique accumulé ne se dissout pas en un communiqué de presse.




























