Il y a quelque chose de particulièrement abject dans l’attaque d’un site de déplacés. Ces gens n’ont plus de maison. Ils ont fui les combats, parfois plusieurs fois. Ils ont trouvé refuge dans des camps précaires, sous des bâches, avec le minimum vital. Et des hommes armés les ont attaqués là.
Un site de déplacés a été attaqué à Birere dans le territoire de Masisi par des hommes armés, causant des victimes et une panique parmi les populations civiles déjà traumatisées.
Cette attaque survient dans le contexte du cinquième comité de surveillance de l’accord de Washington, qui s’est tenu sans avancées majeures. Les textes se signent à Genève et à Washington. Les bombes, elles, tombent à Masisi.
L’ONU classe la RDC cinquième pays comptant le plus de déplacés au monde, et pourrait dénombrer jusqu’à 9 millions d’ici la fin de l’année 2026 si les tendances actuelles se maintiennent. Neuf millions. Dans un seul pays. Pour mettre ce chiffre en perspective : c’est plus que la population totale de l’Autriche ou de la Suisse.
Ces chiffres représentent des familles qui ne savent plus où est leur maison, des enfants qui n’ont jamais connu la stabilité, des femmes qui reconstituent un foyer là où les balles le permettent temporairement. L’attaque de Birere est une micro-tragédie dans une macro-catastrophe. Mais pour les familles qui y ont vécu cette nuit, c’est simplement leur vie qui, une fois de plus, a basculé.
Le Cardinal Fridolin Ambongo, qui visite régulièrement les zones de conflit, a récemment décrit la situation des déplacés de Bunia comme “déshumanisante”. Ce mot “ déshumanisante “ est peut-être le plus juste pour décrire ce que subissent ces populations. Et l’accord de Washington, aussi précieux soit-il comme outil diplomatique, n’a pas encore trouvé le chemin de Birere.





























