Dans un rapport publié ce mardi 12 mai 2026, Human Rights Watch alerte sur une détérioration des libertés publiques en RDC.
Cette alerte de HRW arrive dans un contexte politique particulièrement chargé. Depuis les sanctions américaines contre Joseph Kabila le 30 avril, et la mobilisation de l’UDPS qui a suivi, le climat politique intérieur de la RDC s’est durci sensiblement. Les arrestations de cadres de l’AFDC, les convocations de militants politiques, les tensions autour du débat constitutionnel : tout cela dessine l’image d’un espace politique qui se rétrécit.
HRW documente des cas précis : des journalistes interpellés pour des publications critiques sur les réseaux sociaux, des militants de la société civile convoqués après avoir pris position contre la révision de la Constitution, des membres d’associations communautaires questionnés sur leurs liens avec des partis d’opposition.
Ces actes, pris isolément, peuvent sembler mineurs dans un pays où les violations des droits sont si souvent massives et violentes. Mais leur accumulation dit quelque chose sur la direction que prend l’espace politique congolais en ce moment. Les libertés publiques ne disparaissent pas du jour au lendemain. Elles s’érodent progressivement, chaque petite restriction créant un précédent qui rend la prochaine un peu plus facile à justifier.
Une lettre adressée au secrétaire d’État américain Marco Rubio par des organisations de la société civile congolaise exprime l’inquiétude de voir les États-Unis, partenaire stratégique de la RDC, ne pas conditionner leur partenariat au respect des libertés fondamentales.
Un État qui contracte des partenariats stratégiques avec Washington tout en réduisant les libertés de ses citoyens crée une dissonance que ses partenaires ne pourront ignorer indéfiniment. La crédibilité d’un État de droit ne se proclame pas dans les forums internationaux. Elle se construit dans les commissariats, les salles de rédaction, et les bureaux des organisations de la société civile.





























