Dans la guerre congolaise, il y a des morts que le récit officiel n’arrive pas à digérer. Cinq civils tués à Kalembe, dans le territoire de Masisi. Tués non pas par le M23 ennemi désigné, mais par les Wazalendo, les milices d’autodéfense censées protéger les populations contre les rebelles.
Cinq civils ont été tués et plusieurs blessés lors de l’attaque des Wazalendo contre les positions de l’AFC-M23 à Kalembe, dans le territoire de Masisi.
Ce genre d’incident n’est malheureusement pas isolé. Les milices Wazalendo ont émergé comme une force de résistance populaire face à l’avancée du M23. Leur courage est réel. Leur discipline est souvent insuffisante. Et dans les zones de combats intenses, quand une attaque contre des positions ennemies se déclenche, les civils pris entre les feux meurent. Sans uniforme. Sans grade. Sans que personne ne rende vraiment compte.
Le rapport confidentiel de la Commission Défense de l’Assemblée nationale, révélé par Jeune Afrique en avril, pointait précisément ces problèmes de commandement et de doctrine dans les forces qui combattent le M23. Ce rapport décrivait une armée et ses auxiliaires sans unité de commandement claire, sans règles d’engagement rigoureuses, sans mécanisme d’accountability effectif.
Ces cinq morts de Kalembe ont des noms, des familles, des histoires. Ils méritent justice. Et cette justice ne viendra pas des communiqués officiels.





























