Dans trois jours, les chars défileront sur la Place Rouge. Les missiles balistiques avanceront sous les yeux des caméras du monde entier. Vladimir Poutine se tiendra debout, les mains jointes, le regard fixe, dans la posture du chef qui tient. Et la Russie dira, une fois de plus, qu’elle a gagné la Deuxième Guerre mondiale et qu’elle est capable d’en gagner d’autres.
Cette mise en scène annuelle du 9 mai a une fonction politique précise : elle ancre la légitimité du régime dans la victoire historique de 1945, elle mobilise la fierté nationale dans un moment où les sacrifices sont réels et les bénéfices abstraits, et elle envoie un message à l’Occident : nous sommes toujours là.
Poutine et Zelensky ont tous les deux annoncé des trêves autour du 9 mai. Ces trêves symboliques disent moins la volonté de paix que la gestion de l’image internationale : personne ne veut être celui qui bombarde pendant que l’autre commémoire les victimes de la Seconde Guerre mondiale.
Mais derrière le défilé, les chiffres racontent une histoire moins glorieuse. Le PIB russe a diminué de 1,8 % en janvier-février 2026. Les recettes tirées des exportations d’hydrocarbures ont plongé de 45,4 % au premier trimestre. Le blocus iranien d’Ormuz a réduit les flux pétroliers mondiaux mais il a aussi affecté les marchés sur lesquels la Russie vend son propre pétrole.
Poutine ne peut pas arrêter la guerre. Pas maintenant. Pas devant ses généraux, ses ministres, son peuple. Ce serait admettre que le sacrifice de plus d’un million de soldats mis hors de combat n’a servi à rien. La guerre continue donc. Jusqu’à ce qu’une fenêtre diplomatique s’ouvre que personne n’a encore trouvée.






























