Un pont s’est effondré à Walikale, sur un axe routier clé du Nord-Kivu, aggravant encore l’isolement d’une zone déjà fragilisée par les conflits armés. La nouvelle est passée presque inaperçue dans le flot des actualités sécuritaires et politiques. Mais pour les habitants de Walikale et des villages environnants, cet effondrement est une catastrophe concrète qui s’ajoute à toutes les autres.
Walikale est l’un des territoires les plus riches en minerais du Nord-Kivu. Il abrite d’importantes réserves de coltan et de cassitérite, dont l’exploitation alimente les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’électronique et des énergies renouvelables. Et pourtant, ses habitants vivent dans un enclavement qui frôle l’absurde. Les routes qui devraient les connecter au reste du pays sont soit inexistantes, soit impraticables, soit désormais bloquées par un pont que personne n’a entretenu.
Ce pont effondré illustre une réalité structurelle de la RDC que les données macroéconomiques ne capturent jamais complètement : le pays est riche dans ses profondeurs géologiques et pauvre dans ses infrastructures de surface. L’argent des minerais ne revient pas réparer les ponts des territoires d’où ces minerais sont extraits. Il circule dans des circuits financiers que les communautés locales ne contrôlent pas.
La Grande Conférence nationale sur les infrastructures, lancée par Tshisekedi début avril, avait posé une vision ambitieuse. Mais entre une conférence à Kinshasa et un pont réparé à Walikale, il y a des milliers de kilomètres et des années de mise en oeuvre. Pour les ménages du Nord-Kivu qui ne peuvent plus acheminer leurs récoltes vers le marché, la vision macroéconomique est un luxe. La route fonctionnelle, elle, est une urgence.





























