L’Ituri est une province qui n’a pas connu une seule semaine de paix depuis des années. Ce week-end encore, la MONUSCO a documenté une escalade meurtrière dans trois territoires simultanément.
Les territoires d’Irumu, de Djugu et de Mambasa, en Ituri, ont été le théâtre d’incursions meurtrières. Des groupes armés y ont perpétré des violences ciblant sans distinction femmes, enfants et hommes. Un bilan encore provisoire alourdit le macabre décompte des civils tués dans l’Est de la RDC.
Djugu est le territoire des massacres récurrents entre communautés Lendu et Hema, une violence interethnique alimentée par des années d’impunité et de compétition foncière. Irumu abrite des zones sous influence des ADF. Mambasa, comme nous l’avons documenté ce printemps, est le territoire où les ADF ont tué au moins 87 civils en mars 2026.
Ces trois foyers simultanés disent l’éclatement du paysage sécuritaire en Ituri. Il n’y a pas un seul groupe armé à neutraliser, une seule ligne de front à tenir. Il y a une mosaïque de violences alimentées par des dynamiques différentes ethniques, économiques, idéologiques qui se superposent et s’entremêlent, rendant toute réponse sécuritaire linéaire inefficace.
La MONUSCO appelle à traduire les auteurs en justice et souligne que ces violences continuent d’alimenter un cycle de peur et de vulnérabilité pour des populations déjà durement éprouvées par le conflit armé.
Les responsables identifiés doivent être poursuivis. Cette phrase, répétée depuis des années dans les communiqués de la MONUSCO, finira-t-elle par produire des effets concrets ? Les populations de Djugu, d’Irumu et de Mambasa en ont besoin. Pas dans un an. Maintenant.





























