La guerre au Soudan prend une dimension régionale plus préoccupante. Selon un rapport du laboratoire de recherche humanitaire de l’université de Yale, l’Éthiopie apporterait un soutien aux Forces de soutien rapide (FSR), dirigées par le général Mohamed Hamdan Dagalo.
Ce soutien présumé interviendrait dans le cadre du conflit opposant les FSR à l’armée soudanaise depuis près de trois ans, un conflit qui a déjà provoqué une crise humanitaire majeure.
Le rapport s’appuie notamment sur l’analyse d’images satellites d’une base militaire située à Asosa, dans la région frontalière de Benishangul-Gumuz. Les chercheurs y observent une intensification des activités au cours des cinq derniers mois.
Des mouvements répétés de poids lourds transportant des conteneurs ainsi que la présence de pick-up souvent utilisés par des groupes armés ont été identifiés. Certains de ces véhicules auraient été équipés pour accueillir des mitrailleuses lourdes.
Selon les experts, des véhicules similaires ont ensuite été observés entre les mains des FSR lors d’affrontements dans l’État soudanais du Nil Bleu, suggérant un lien logistique direct.
Ces éléments viennent appuyer des accusations déjà formulées par l’armée soudanaise, qui affirme que certaines attaques de drones menées par les FSR auraient été lancées depuis le territoire éthiopien.
Cependant, ces accusations sont fermement rejetées par les autorités d’Addis-Abeba, qui nient toute implication dans le conflit soudanais.
Si ces informations étaient confirmées, elles marqueraient une escalade significative, transformant davantage le conflit soudanais en crise régionale impliquant des acteurs voisins.
La frontière entre le Soudan et l’Éthiopie, déjà sensible en raison de différends territoriaux et sécuritaires, pourrait devenir un nouveau point de tension majeur.
Cette évolution souligne la complexité croissante du conflit soudanais, où les dynamiques internes s’entrecroisent avec des enjeux géopolitiques régionaux.
Dans un contexte déjà marqué par des violences extrêmes et une crise humanitaire profonde, toute implication extérieure accrue risque d’aggraver encore l’instabilité et de compliquer les perspectives de résolution du conflit.






























