Le Cameroun est sous pression après un avis du Comité des droits de l’homme des Nations unies appelant à la libération de Marafa Hamidou Yaya, détenu depuis 14 ans à Yaoundé.
Condamné en 2012 pour « complicité de détournement d’argent public », cet ancien cadre du pouvoir conteste depuis toujours une décision qu’il juge politiquement motivée. L’avis rendu le 12 mars, bien que non contraignant, constitue une étape importante dans le suivi de la plainte déposée par l’intéressé auprès des instances onusiennes.
Basé à Genève, le Comité conclut que plusieurs droits garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ont été violés dans le cadre de l’arrestation, de la détention et du procès de Marafa Hamidou Yaya.
Les experts pointent notamment des manquements en matière de procédure équitable, ainsi que des préoccupations liées aux conditions de détention.
Dans ses conclusions, le Comité estime que les autorités camerounaises sont tenues d’assurer la « libération immédiate » de l’ancien responsable, ainsi que de lui accorder une indemnisation adéquate, notamment en raison de l’impact de sa détention sur sa santé physique et mentale.
Âgé de 74 ans, Marafa Hamidou Yaya affirme avoir perdu la vue d’un œil et craint pour le second, évoquant une dégradation significative de son état de santé en détention.
Bien que non contraignant juridiquement, cet avis renforce la pression internationale sur Yaoundé. Il relance également le débat sur l’indépendance de la justice et le respect des droits fondamentaux dans le pays.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de critiques récurrentes sur la gouvernance et l’État de droit au Cameroun.
Les autorités camerounaises n’ont pas encore officiellement réagi à cet avis. Toutefois, la question de son application pourrait devenir un enjeu diplomatique et politique sensible.
Entre exigences internationales et considérations internes, le dossier Marafa Hamidou Yaya s’impose une nouvelle fois comme un test pour l’engagement du Cameroun en matière de respect des droits humains.






























