On croyait la majorité présidentielle soudée par l’ambition commune du quinquennat. La réalité qui se dessine ce vendredi 17 avril est plus nuancée, plus tendue, et révélatrice des fissures qui traversent l’Union Sacrée de la Nation, la grande coalition politique construite autour du président Félix Tshisekedi.
La scène politique congolaise est le théâtre d’une nouvelle passe d’armes révélatrice. La récente audience accordée par le Secrétariat permanent de l’Union Sacrée à un groupe de frondeurs issus de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) a provoqué un séisme interne, menaçant la cohésion d’une plateforme pourtant conçue pour unir. Le cœur du litige réside dans une interprétation divergente de la charte de l’Union Sacrée. L’AFDC, dirigée par le professeur Modeste Bahati Lukwebo, conteste fermement la légitimité de la délégation conduite par Otto Bahizi à représenter le parti.
Auprès de Félix Tshisekedi, l’AFDC de Modeste Bahati Lukwebo a dénoncé une tentative d’instrumentalisation de ses dissidents par des forces extérieures à la formation politique, dans ce qui est perçu comme une offensive destinée à affaiblir le parti.
Ce bras de fer n’est pas qu’une querelle de chapelle. Il reflète des tensions plus profondes : qui contrôle les nominations, qui a accès aux ressources de l’État, qui pèse dans les arbitrages présidentiels ? Ces batailles de couloir, courantes dans toutes les coalitions politiques, deviennent dangereuses quand elles éclatent au grand jour et projettent l’image d’une majorité désunie.
La province du Sankuru illustre une autre dimension de ces tensions : le retour de Jules Lodi y est décrit comme le “symptôme d’une majorité en éclats”. Partout, des dynamiques centrifuges semblent à l’œuvre — des élus qui négocient leur loyauté, des groupes qui s’organisent en dehors des structures officielles, des intérêts particuliers qui priment sur la cohérence collective.
Pour Tshisekedi, le défi est politique autant qu’institutionnel : maintenir une coalition suffisamment soudée pour gouverner et éventuellement préparer la suite de son mandat, sans se laisser dévorer par les appétits de ses propres alliés. Un exercice d’équilibriste que peu de présidents africains ont su réussir durablement.




























