Il y a des séances parlementaires qui ne sont que des rituels. Et il y en a d’autres qui touchent à quelque chose de réel, de douloureux, de collectivement ressenti. Ce mercredi 29 avril, la séance plénière de l’Assemblée nationale de la RDC appartient à la deuxième catégorie.
L’Assemblée nationale de la RDC examine ce mercredi 29 avril 2026 la motion de défiance déposée contre Jacquemain Shabani, vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, des Affaires coutumières et de la Décentralisation. Initiée par le député national Laddy Yangotikala depuis le 13 avril, cette motion met en cause la gestion du secteur sécuritaire ainsi que l’administration du territoire.
Les signataires reprochent au patron de la Territoriale plusieurs insuffisances, notamment dans la gestion de la sécurité à travers les villes du pays. Au cours de cette séance, Jacquemain Shabani devra présenter ses moyens de défense devant les députés nationaux, conformément au règlement intérieur de l’institution.
Ce débat arrive dans un contexte particulièrement chargé. Kinshasa, ville de 17 millions d’habitants, souffre d’une insécurité chronique que les habitants décrivent avec une lassitude accablante : braquages en plein jour, vols à main armée, opérations de racket attribuées parfois à des individus en uniforme, quartiers populaires livrés à eux-mêmes dès la nuit tombée. La motion de Yangotikala ne sort pas du néant. Elle cristallise une frustration populaire que les réseaux sociaux congolais amplifient quotidiennement.
Mais la procédure politique est complexe. Une nouvelle motion de défiance contre le ministre Jacquemain Shabani a également été déposée parallèlement, tandis que la CENI envisage déjà le “glissement” de 2028 selon des informations publiées ce mardi. La multiplication des motions dit aussi quelque chose sur les tensions au sein de la majorité présidentielle elle-même.
La vraie question qui se pose au-delà du vote d’aujourd’hui : une motion de défiance changera-t-elle vraiment les conditions de sécurité à Kinshasa ? Les habitants de Matete, de Ndjili, de Lemba ne demandent pas un nouveau visage ministériel. Ils demandent à pouvoir rentrer chez eux le soir sans avoir peur. C’est cela, l’enjeu réel de cette séance plénière.




























