António Guterres quittera son poste le 31 décembre 2026. En une décennie à la tête des Nations Unies, il aura traversé la pandémie de Covid, la guerre en Ukraine, la crise climatique et désormais la guerre en Iran. Son successeur héritera d’une institution affaiblie, d’un Conseil de sécurité paralysé par les vetos, et d’un monde qui doute de plus en plus de la capacité de l’ONU à garantir la paix.
La course à la succession d’Antonio Guterres se structure progressivement, avec des premières auditions prévues à l’Assemblée générale les 21 et 22 avril. Trois Sud-Américains et un Africain figurent parmi les candidats identifiés, répartis entre deux femmes et deux hommes. Le choix du prochain Secrétaire général devrait se dessiner à l’automne 2026, au terme de négociations diplomatiques menées à huis clos entre États membres.
Pour être retenu, un candidat doit obtenir au moins 9 voix favorables sur quinze membres du Conseil de sécurité, sans faire l’objet d’un veto d’un membre permanent. C’est ce dernier critère qui rend le processus intensément politique : Chine, Russie, États-Unis, France et Royaume-Uni auront chacun leur mot à dire.
Pour l’Afrique, cet enjeu est fondamental. Le continent fournit à l’ONU une proportion disproportionnée de ses dossiers, guerres, crises humanitaires, défis climatiques sans avoir jamais réussi à imposer durablement un représentant africain à sa tête depuis Kofi Annan. Vingt ans d’absence au plus haut niveau.
Le contexte mondial rend ce choix encore plus chargé de sens. Dans un monde où les grandes puissances s’affrontent directement ou par proxies en Ukraine, en Iran, en RDC, le Secrétaire général de l’ONU est peut-être la dernière voix qui peut parler à tout le monde sans être perçue comme l’instrument d’une puissance particulière. C’est une responsabilité immense. Et un défi que le prochain titulaire du poste devra relever dans un monde nettement plus difficile que celui de ses prédécesseurs.





























