Ce dimanche 12 avril, le Bénin vit un moment rare en Afrique de l’Ouest : un président en exercice qui, constitutionnellement contraint, ne peut briguer un troisième mandat et doit passer le flambeau. La campagne pour la présidentielle béninoise entre dans sa dernière ligne droite, sur fond de bilan controversé de Patrice Talon réformes économiques saluées par certains, musellement de l’opposition dénoncé par d’autres.
Le Bénin, souvent cité comme un exemple de stabilité institutionnelle en Afrique de l’Ouest, traverse depuis quelques années une phase de tension. Les législatives de 2019 et 2023 ont été boycottées par une partie de l’opposition, et les critiques sur la concentration du pouvoir se sont multipliées. Ce scrutin est donc un test : la démocratie béninoise peut-elle organiser une alternance pacifique dans un contexte de crispation politique ?
Les candidats en lice représentent des profils très différents : des technocrates proches du pouvoir sortant, des figures de l’opposition revenue dans le jeu institutionnel après des années d’exil, et des indépendants porteurs d’un discours de rupture. Les électeurs béninois, connus pour leur culture politique vivace et leur engagement civique, se retrouveront en masse devant les urnes.
La communauté internationale observe avec attention. Dans une région du Golfe de Guinée marquée par les coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger, une alternance démocratique réussie au Bénin enverrait un signal politique fort. Cotonou peut encore montrer que la voie des urnes reste possible. Et crédible.






























