La scène aurait semblé invraisemblable il y a quelques années encore : des ressortissants congolais, expulsés des États-Unis, atterrissent à Kinshasa sous escorte. Le gouvernement les accueille. Et aussitôt, la controverse éclate. Une frange de l’opposition a annoncé une mobilisation contre l’accueil de ces migrants expulsés par Washington.
Le député national Joseph Bangakya réclame un débat parlementaire approfondi sur la question, soulignant l’enjeu politique et humanitaire que représente cet accueil. La question posée est simple en apparence : un État a-t-il le droit, voire l’obligation, de reprendre ses citoyens refoulés par un autre pays ? En droit international, la réponse est oui. Mais en politique congolaise, rien n’est jamais aussi simple.
Le contexte diplomatique est particulier : la RDC cherche à préserver ses relations avec Washington dans un moment où les États-Unis jouent un rôle clé dans les négociations de paix à l’Est. Accepter ces expulsions, c’est aussi ne pas froisser un allié précieux. Mais pour l’opposition, c’est s’humilier devant une Amérique trumpiste qui traite les migrants africains comme des fardeaux.
La société civile, elle, pose d’autres questions : ces expulsés ont-ils accès à un accompagnement juridique, social, psychologique à leur retour ? Seront-ils simplement débarqués puis livrés à eux-mêmes dans un pays qu’ils ont souvent quitté faute d’avenir ? C’est là que le débat dépasse le simple cadre diplomatique pour toucher à ce que la RDC veut vraiment être pour ses propres fils et filles.






























