Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) affirment avoir déjoué une nouvelle tentative d’attaque de drones visant l’aéroport stratégique de Kisangani. Selon des sources sécuritaires congolaises, au moins deux drones hostiles ont été détectés puis neutralisés avant d’atteindre leur cible, évitant ainsi des dégâts potentiellement majeurs sur cette infrastructure clé du nord-est du pays.
Au cœur de cette interception : le système anti-drone D4, acquis auprès de l’Inde, et désormais déployé pour la protection de sites sensibles. Conçu par l’Organisation indienne de recherche pour la défense (DRDO), ce dispositif combine détection radar, brouillage radiofréquence et neutralisation dite « hard-kill » permettant de détruire physiquement un drone à une distance pouvant atteindre environ 4 km, selon ses spécifications techniques.
Cette neutralisation illustre une évolution notable des capacités défensives congolaises face à la prolifération des drones dans le conflit de l’Est. Depuis 2023-2025, les groupes armés et acteurs étatiques impliqués dans la guerre du Kivu ont progressivement intégré les drones pour la reconnaissance, l’ajustement d’artillerie et parfois des frappes improvisées, transformant la menace aérienne à basse altitude en enjeu opérationnel majeur.
La protection de l’aéroport de Kisangani revêt une importance stratégique particulière. Hub logistique essentiel pour les opérations militaires vers l’Ituri et le Nord-Kivu, la plateforme constitue un nœud vital pour le transport de troupes, de matériel et d’aide humanitaire. Une attaque réussie aurait pu perturber significativement la profondeur logistique des FARDC dans l’Est.
Le recours au D4 s’inscrit plus largement dans la diversification des partenariats militaires de Kinshasa. En complétant les coopérations occidentales et régionales, l’acquisition d’équipements indiens reflète la volonté congolaise d’accéder rapidement à des technologies anti-drone éprouvées mais politiquement moins sensibles que certains systèmes occidentaux soumis à restrictions d’exportation.
Sur le plan militaire, l’efficacité revendiquée du D4 à Kisangani pourrait accélérer son déploiement autour d’autres sites critiques : aéroports de l’Est, bases avancées et centres urbains exposés aux drones. Pour les FARDC, la bataille du ciel à basse altitude longtemps négligée devient désormais un front à part entière du conflit congolais.




























