Dans les provinces minières du Haut-Katanga et du Lualaba, une scène inhabituelle a récemment illustré la détermination du ministre des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe, à faire respecter l’autorité de l’État. En mission officielle de contrôle des dispositifs sociaux destinés aux anciens militaires, le ministre s’est vu refuser l’accès à une concession de la société Ruashi Mining. L’intervention ferme du général de brigade Eddy Kapend pour rappeler aux responsables de l’entreprise leurs obligations envers les autorités congolaises a transformé l’incident en symbole : celui d’un État décidé à faire valoir ses droits souverains et sociaux, y compris face aux puissants acteurs du secteur extractif.
Au-delà de l’épisode, cette mission s’inscrit dans une stratégie plus large de réhabilitation et de protection des anciens combattants congolais. Le ministère des Anciens combattants a pour mandat de veiller à la reconnaissance, à la réinsertion socio-économique et à la prise en charge des ex-militaires ayant servi la nation. Dans les régions minières, où opèrent de grandes entreprises étrangères, la question des emplois réservés, des compensations sociales et de l’accès aux programmes d’insertion constitue un enjeu sensible. En exigeant l’accès aux sites et aux informations, le ministre entend s’assurer que les obligations sociales envers les anciens combattants ne soient pas contournées ou marginalisées.
L’affaire révèle également une dimension stratégique : la gouvernance des ressources naturelles et la responsabilité sociale des entreprises en RDC. Les zones minières concentrent à la fois richesses économiques et fragilités sociales, notamment pour les anciens militaires démobilisés qui y cherchent une reconversion. En s’impliquant directement sur le terrain, Eliezer Ntambwe cherche à instaurer un rapport plus équilibré entre l’État, les communautés locales et les compagnies extractives. Cette approche vise à rappeler que l’exploitation des ressources nationales doit s’accompagner d’un respect strict des lois congolaises et des droits des citoyens, en particulier ceux qui ont servi sous les drapeaux.
Enfin, la fermeté affichée par le ministre traduit une volonté de crédibiliser l’action publique dans un domaine longtemps marqué par l’abandon institutionnel. La défense des anciens combattants touche à la cohésion nationale, à la mémoire militaire et à la stabilité sociale post-conflit. En affirmant que nul acteur économique ne peut se soustraire au contrôle de l’État congolais, la mission menée au Haut-Katanga envoie un signal politique fort : la protection des vétérans n’est plus une promesse, mais une obligation que le gouvernement entend faire respecter sur l’ensemble du territoire.




























