Dans la province éducationnelle de Maï-Ndombe, la situation scolaire reste critique. Depuis près de deux mois, des dizaines d’écoles publiques sont fermées et les élèves privés d’enseignement à cause d’une grève des enseignants qui réclament le paiement de leurs salaires impayés.
Un reportage du média congolais 7SUR7.CD révèle que de nombreuses salles de classe à travers la province restent fermées, plongeant les établissements dans un silence inhabituel depuis l’interruption des cours.
À Nioki, plusieurs collégiens et lycéens ont confié à des journalistes leur inquiétude face à cette suspension prolongée des cours. Beaucoup craignent que l’année scolaire soit compromise si le conflit n’est pas rapidement résolu. Certains ont même commencé à voyager vers d’autres provinces, espérant y trouver des cours encore assurés.
« Nous sommes devenus des vagabonds, nous sommes fatigués et sans savoir quoi faire. Si les enseignants pouvaient être payés, nous pourrions retourner à l’école », témoigne un élève, exprimant une frustration largement partagée.
Les enseignants maintiennent leur grève tant que leurs salaires ne sont pas versés. Ils exigent notamment le paiement de quatre mois d’arriérés, qu’ils estiment essentiels avant toute reprise des cours.
Le président de l’intersyndicale des enseignants, Juscard Mbuke, a publiquement dénoncé ce qu’il qualifie d’« indifférence » des autorités compétentes à leurs préoccupations financières. Selon lui, plusieurs mois de salaires n’ont pas été versés, ce qui affecte gravement la motivation et la capacité des enseignants à assurer leurs missions.
La crise éducative dans le Maï-Ndombe s’inscrit dans un contexte plus large de fragilité sociale et sécuritaire. Les provinces de l’ouest de la RDC, dont le Maï-Ndombe, ont été secouées ces dernières années par des violences intercommunautaires persistantes qui ont affecté l’accès à l’éducation, au logement et à d’autres services de base.
Un rapport d’ACAPS sur la situation dans l’ouest de la RDC note que, dans certaines zones, la fermeture d’écoles avait déjà duré deux ans en raison des conflits entre groupes armés et des déplacements massifs de population. (acaps.org)
Les parents d’élèves, eux aussi, expriment une profonde inquiétude. Nombreux sont ceux qui disent ne plus savoir comment protéger l’avenir scolaire de leurs enfants. Ils réclament une médiation rapide entre le gouvernement et les enseignants, ainsi que des engagements clairs pour la reprise des cours.
Selon certains parents, la situation risque d’avoir des conséquences à long terme, surtout dans les zones rurales où l’éducation constitue souvent la principale opportunité de mobilité sociale.
Jusqu’à présent, ni le ministère de l’Éducation ni les autorités provinciales n’ont publié de communiqué officiel sur une stratégie de sortie de crise. Toutefois, des observateurs estiment que des avancées pourraient être trouvées si des financements supplémentaires étaient débloqués et si une concertation tripartite gouvernement, enseignants, parents était mise en place rapidement.
Certains experts suggèrent également d’instaurer des mesures temporaires pour compenser les pertes de temps scolaire, telles que des cours intensifs ou des sessions de rattrapage une fois la crise résolue.




























