Au moins 32 corps sans vie ont été découverts en deux jours après de nouvelles attaques attribuées aux ADF dans le territoire de Mambasa, en Ituri.
Mambasa. Ce nom revient trop souvent dans l’actualité de l’Est congolais. C’est le territoire où les ADF ont tué 87 civils en mars 2026, où la MONUSCO avait tiré la sonnette d’alarme, où James Swan était venu constater l’état désastreux de la sécurité lors de sa première tournée. Et c’est maintenant, de surcroît, le même territoire frappé de plein fouet par l’épidémie d’Ebola.
La superposition de ces deux crises est catastrophique pour la réponse humanitaire. Les équipes médicales qui tentent d’identifier et d’isoler les cas d’Ebola opèrent dans des zones où les ADF attaquent des villages. Les agents de santé qui risquent leur vie face au virus risquent aussi leur vie face aux balles. Et les populations qui fuient les attaques des ADF fuient aussi vers des zones potentiellement contaminées.
Cette coïncidence géographique entre conflit armé et épidémie virale n’est pas accidentelle. Elle est systémique. L’Ituri est une province où l’État n’a jamais réussi à s’installer durablement, où les ressources minières attirent des acteurs armés de toutes sortes, et où les populations n’ont d’autre choix que de survivre entre les bombes et les virus.
La réponse à cette double crise nécessite une coordination que ni les FARDC ni la MONUSCO ni les équipes médicales ne peuvent assurer seuls. Elle nécessite une volonté politique nationale et internationale d’en faire une priorité absolue.




























