Après la dispersion violente du sit-in de l’opposition le 12 juin, Denis Mukwege a appelé à faire barrage à un “régime de fait” en référence au projet de révision constitutionnelle.
Denis Mukwege est un homme dont les mots ne sont pas de simples opinions politiques. Ce chirurgien de Panzi, qui a passé vingt ans à recoudre les corps des femmes victimes de violences sexuelles dans le Kivu, a une autorité morale que ni les bulletins de vote ni les mandats officiels ne confèrent. Quand il parle, le monde écoute.
Sa prise de position sur la crise constitutionnelle dit clairement : il refuse que le Congo soit gouverné par la force plutôt que par le droit. Il refuse que des manifestants soient blessés ou tués devant leur propre Parlement pour avoir exercé leur droit constitutionnel de résister à l’oppression.
La LUCHA, mouvement citoyenne congolais, réclame l’abandon pur et simple du projet de Constitution.
La répression du sit-in de l’opposition fait porter une “responsabilité écrasante” à Félix Tshisekedi, selon plusieurs analystes politiques.
Le Congo saigne à l’Est depuis des années. Et ce 15 juin, il saigne aussi dans ses institutions. Mukwege le dit. La communauté internationale l’entend. La question est de savoir si ceux qui tiennent le pouvoir à Kinshasa l’écouteront.



























