La procédure d’extradition visant l’activiste et influenceur panafricaniste Kemi Seba connaît un nouveau report en Afrique du Sud. Alors que l’examen de la demande formulée par le Bénin devait débuter le 14 juillet, la justice sud-africaine a décidé de renvoyer l’affaire à une date ultérieure, dans l’attente de la réception et de l’analyse des documents officiels transmis par les autorités béninoises.
Selon les informations rapportées par RFI, la demande d’extradition vient seulement d’être officiellement déposée auprès de l’ambassade d’Afrique du Sud à Cotonou. Cette étape procédurale est indispensable avant que les juridictions sud-africaines puissent examiner le fond du dossier.
À l’issue d’une brève audience, le tribunal a donc maintenu Kemi Seba en détention provisoire jusqu’à la prochaine audience, dont la date n’a pas encore été fixée.
L’activiste fait l’objet de deux mandats d’arrêt émis par les autorités béninoises, le premier datant de juin 2025 et le second de décembre 2025. Selon le gouvernement béninois, plusieurs vidéos diffusées par Kemi Seba le 7 décembre 2025, jour de la tentative présumée de coup d’État au Bénin, constitueraient un soutien aux auteurs présumés de cette tentative.
Outre ces faits, les autorités béninoises lui reprochent notamment des infractions présumées d’incitation à la haine, d’incitation à la violence, d’appel à la rébellion, de blanchiment de capitaux et de cyberharcèlement. Ces accusations devront être étayées par les éléments de preuve contenus dans la demande officielle d’extradition.
À ce stade, le contenu précis du dossier transmis par le Bénin n’a pas été rendu public, la procédure demeurant confidentielle. Il n’est donc pas possible de savoir quelles preuves ont été communiquées aux autorités sud-africaines.
Parmi les questions qui seront examinées figure également celle des garanties offertes à Kemi Seba quant à son droit à un procès équitable en cas de remise aux autorités béninoises. L’intéressé a, à plusieurs reprises, contesté l’indépendance des institutions judiciaires de son pays et dénoncé les poursuites engagées contre lui.
Les juridictions sud-africaines devront désormais apprécier si les conditions juridiques prévues par le droit national et les accords internationaux en matière d’extradition sont réunies avant de statuer sur la demande du Bénin.
Selon un spécialiste cité par RFI, cette procédure pourrait s’étendre sur plusieurs mois, compte tenu de sa complexité et des différentes garanties procédurales qui devront être examinées avant toute décision définitive.




























