Clôturée le 18 avril 2026, la visite apostolique du pape Léon XIV entre Yaoundé, Douala et Bamenda laisse le Cameroun face à son destin. Malgré une chaleur écrasante, des milliers de fidèles ont assisté à la messe du souverain pontife à Douala. Un message centré sur la paix et la réconciliation a dominé chaque étape du voyage.
Bamenda mérite une attention particulière. Cette ville anglophone du Nord-Ouest camerounais est l’épicentre de la crise séparatiste qui déchire le pays depuis 2017. Des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés, une région sous état d’urgence depuis des années. En choisissant de s’y rendre, Léon XIV a posé un acte symbolique fort : il n’y a pas de réconciliation possible en ignorant les blessures les plus profondes.
Pour le gouvernement de Paul Biya, la visite papale était une vitrine internationale. Pour les habitants de Bamenda, c’était quelque chose de plus intime : la reconnaissance, par le chef de la plus grande institution chrétienne mondiale, que leur souffrance existe et mérite d’être nommée.
La question qui demeure après le départ du pape est celle-ci : les gouvernants africains qui ont accueilli Léon XIV entendront-ils son message, ou se contenteront-ils de l’utiliser pour leur image ? La paix que le pape a prêchée au Cameroun, en Angola, en Guinée équatoriale, elle n’adviendra que si des décisions politiques concrètes suivent les belles paroles. Et ça, aucun pape ne peut le faire à la place des dirigeants.




























