Il prêche l’unité noire, le rejet des valeurs occidentales, la solidarité africaine contre les héritages coloniaux. Et il a été arrêté à Pretoria en compagnie d’un militant suprémaciste blanc sud-africain. La scène a quelque chose de kafkaïen pour celui qui a construit sa notoriété sur la dénonciation du racisme structurel.
Kemi Seba attend une audience décisive à Pretoria après avoir été arrêté avec un militant suprémaciste blanc. Le Bénin, qui le soupçonne d’apologie du terrorisme, réclame son extradition. Les coulisses de cette interpellation hors normes révèlent la complexité des connexions que l’activiste a tissées à travers le continent.
Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi est une figure clivante du panafricanisme contemporain. Né en France de parents béninois, il a fondé des mouvements anticoloniaux, été expulsé de France, et s’est transformé progressivement en voix de la contestation antifrançaise dans les pays sahéliens. Ses interventions au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont souvent été relayées par des réseaux proches de la Russie, alimentant des accusations de manipulation géopolitique.
L’affaire béninoise d’apologie du terrorisme remonte à des déclarations publiques jugées par les autorités de Cotonou comme encourageant la violence. Si l’extradition est accordée par l’Afrique du Sud, Kemi Seba sera jugé au Bénin, un pays dont il n’a jamais caché ses critiques à l’égard du gouvernement.
Ce dossier dit quelque chose de plus profond sur le panafricanisme contemporain : ses figures les plus médiatiques ne sont pas toujours celles dont les actes correspondent le mieux aux valeurs proclamées. Entre le discours et la cohérence, l’Afrique a besoin d’en décider.




























