Ce 21 avril 2026, Amnesty International a rendu public son rapport annuel sur la République démocratique du Congo. Le document dresse un tableau alarmant : selon le HCDH, des combattants du M23 soutenus par des membres des Forces de défense rwandaises ont tué au moins 319 civils dans le territoire de Rutshuru entre le 9 et le 21 juillet 2025. Entre juillet et août, les ADF ont tué plus de 250 civils dans des attaques en Ituri et à Lubero. Les cas de violences sexuelles ont été terriblement nombreux dans l’Est : selon les Nations Unies, plus de 81 000 viols ont été commis entre janvier et septembre 2025, soit une augmentation de 31,5 % par rapport à la même période en 2024.
Ces chiffres sont au-delà de l’insupportable. 81 000 viols documentés en neuf mois. Une augmentation de près d’un tiers. Ces chiffres ne sont pas des statistiques abstraites. Ils représentent 81 000 personnes; femmes, filles, parfois hommes dont la vie a été fracturée par une violence sexuelle utilisée comme arme de guerre, comme outil de domination, comme instrument de terreur.
Plusieurs initiatives diplomatiques visant à mettre un terme aux combats ont été menées. Des responsables de la RDC et du Rwanda ont signé en juin un accord de paix. L’accord a été officialisé en décembre avec la signature des Accords de Washington. Les combats se sont néanmoins poursuivis.
C’est là que le rapport d’Amnesty révèle son message le plus profond : les accords signés n’empêchent pas les violences sur le terrain. Les déclarations de bonne volonté diplomatique et les massacres coexistent. Tant que l’impunité structurelle, l’absence de poursuites effectives contre les auteurs de crimes de guerre — n’est pas brisée, aucun accord ne sera suffisant.




























