Ils portaient l’uniforme de la République. Ils frappaient un homme à terre, dans la nuit, dans une commune de Kinshasa. Et quelqu’un les a filmés.
Suite à la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, montrant des militaires passant à tabac un civil, le ministère de la Justice a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire. Les images ont été filmées dans la nuit du 18 au 19 avril à Kinshasa, dans la commune de Ngaliema, au quartier Pigeon. On y voit distinctement des hommes en uniforme des FARDC frapper avec violence un individu à terre.
Le ministre de la Justice Guillaume Ngefa a assuré que les résultats de l’enquête seraient rendus publics et que des poursuites seraient engagées devant les juridictions compétentes si les faits sont établis. L’auditeur général des FARDC devra déterminer s’il s’agit d’un acte de torture et en identifier les responsables.
Cette affaire dépasse le fait divers. Dans un pays où l’armée est omniprésente dans les espaces de vie quotidienne à Kinshasa comme dans les zones de conflit, la question des violences militaires sur les civils est systémique. Les organisations de droits humains documentent depuis des années des abus attribués aux FARDC : extorsions, arrestations arbitraires, violences physiques. Cette vidéo n’est pas une exception. Elle est une fenêtre sur une réalité que la présence des smartphones rend désormais plus difficile à occulter.
Le fait que le gouvernement ait réagi rapidement est notable. Mais une enquête ouverte n’est pas un verdict rendu. Les Congolais savent, par expérience, que l’impunité militaire est l’une des pathologies les plus tenaces de leur État. Si cette fois la justice va au bout, ce sera une rupture significative. Si elle s’enlise, ce sera la énième confirmation qu’en RDC, l’uniforme protège encore ses porteurs mieux que les victimes.




























