Un nouveau chef de mission, et déjà les bottes dans la boue. Le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC et chef de la MONUSCO, James Swan, a entamé ce lundi 20 avril une visite cruciale dans la province du Nord-Kivu. Cette descente sur le terrain, la première depuis sa prise de fonction il y a deux semaines, place la situation sécuritaire volatile de l’Est de la RDC sous les projecteurs. Dès son atterrissage à Beni, il a été accueilli par les autorités provinciales, marquant le début d’une série de consultations denses.
Le choix de Beni comme première destination n’est pas anodin. Cette ville du Nord-Kivu est devenue, depuis 2014, le symbole le plus douloureux des massacres attribués aux ADF , Forces démocratiques alliées. Des centaines d’attaques, des milliers de victimes, une population qui vit dans la terreur permanente depuis plus d’une décennie. Choisir Beni pour son premier déplacement, c’est signifier que la protection des civils reste la priorité absolue de la MONUSCO.
La mission de James Swan est avant tout une opération d’écoute et d’évaluation. L’objectif affiché est double : faire un état des lieux précis de l’évolution sécuritaire et recueillir les préoccupations des acteurs locaux. La tournée, qui doit s’achever ce mardi 21 avril, est scrutée à la fois à Kinshasa et au siège des Nations Unies. Les conclusions qu’il tirera de ce déplacement influenceront les prochaines décisions stratégiques de la mission.
James Swan hérite d’une mission sous pression. La MONUSCO est engagée dans un retrait progressif du territoire congolais, critiqué par certains pour son rythme trop rapide. Il devra démontrer qu’un départ progressif ne signifie pas un abandon de la responsabilité de protéger. Les habitants de Beni, qui ont tant attendu de la communauté internationale, méritent des réponses concrètes.




























