Il n’y a pas besoin de regarder les images des bombardements pour comprendre ce que la guerre en Iran coûte à l’Afrique. Il suffit d’aller à une station-service à Nairobi.
Le Kenya a procédé à une forte augmentation des prix des produits pétroliers, avec une envolée record du diesel. L’Autorité de régulation de l’énergie et du pétrole (Epra) a relevé le prix du diesel de 40 shillings kényans, le portant à 206 shillings le litre, soit environ 1,6 dollar. Le prix de l’essence a augmenté de 28 shillings, atteignant un niveau similaire. Cette hausse intervient dans un contexte de tensions internationales, le conflit en Iran exerçant une pression accrue sur les cours mondiaux du pétrole et sur les coûts du transport maritime.
Quarante shillings de plus sur le diesel. C’est une augmentation d’environ 24 % en une seule révision tarifaire. Pour un agriculteur qui utilise des pompes à carburant pour irriguer ses champs, c’est une ponction directe sur sa marge. Pour un transporteur routier, c’est une remise en cause de toute son économie.
Ce qui se passe au Kenya se répète dans toute l’Afrique de l’Est et australe : Zambie, Zimbabwe, Rwanda, Tanzanie. Tous ces pays importent leur pétrole, tous subissent la même pression. Et tous illustrent la même réalité cruelle : les décisions militaires prises à Washington, Tel-Aviv ou Téhéran se paient à la pompe à Nairobi, Lusaka et Kigali.
La guerre en Iran n’est pas une abstraction géopolitique pour les Africains. Elle est le prix du carburant qui monte, l’alimentation qui s’enflamme. C’est le vrai visage humain d’un conflit que l’Afrique subit sans l’avoir voulu.




























