Certains festivals durent parce qu’ils ont un public. D’autres durent parce qu’ils ont une raison d’être profonde que les crises ne font que renforcer. Le festival « Me Ya Be » appartient à cette seconde catégorie.
La 15e édition du festival “Me Ya Be” débute ce vendredi 17 avril 2026 à Kinshasa. Quinze ans de présence dans le paysage culturel congolais, quinze ans de danse contemporaine africaine portée haut dans une ville qui bouge au rythme de ses contradictions. Pendant quinze ans, « Me Ya Be » a résisté aux coupes de budget, aux incertitudes politiques, aux crises de financement. Il est toujours là.
Le festival de danse contemporaine est l’un des rares espaces à Kinshasa où des artistes peuvent explorer des formes artistiques qui dépassent les formats commerciaux habituels. Là où la rumba et l’afropop dominent les scènes populaires et on ne leur en fait pas le reproche, c’est leur nature et leur force, la danse contemporaine ouvre d’autres espaces d’expression : le corps comme langage politique, comme mémoire collective, comme instrument de questionnement.
Dans un pays où l’Est brûle, où des enfants fuient des bombes, où des femmes subissent des violences documentées par les Nations Unies, un festival de danse peut sembler dérisoire. Il ne l’est pas. L’art n’est pas un luxe que l’on s’offre une fois la paix revenue. L’art est ce qui permet à une société de tenir debout pendant la tempête, de maintenir une humanité que la violence cherche à détruire.
« Me Ya Be », qui signifie “comme ça” ou “ainsi” en lingala, une expression populaire qui dit l’acceptation de la vie dans toute sa complexité porte bien son nom. La danse dira ce que les mots peinent à exprimer. Et Kinshasa, qui a tellement à dire, trouvera ce soir-là un nouveau langage.




























