Le conservateur pro-européen Péter Magyar a remporté les élections législatives en Hongrie dimanche 12 avril, avec probablement une majorité des deux tiers, un résultat qui devrait lui laisser les mains libres pour défaire le système installé par le nationaliste Viktor Orbán, qui a concédé sa défaite après 16 ans de pouvoir.
Magyar a promis de gouverner pour “tous les Hongrois” au lendemain de cette très large victoire. Depuis les bords du Danube, devant des dizaines de milliers de personnes en liesse, il a affirmé avoir “libéré la Hongrie”.
Pourquoi cette victoire européenne mérite-t-elle une page africaine ? Parce que le modèle Orbán État de droit affaibli, presse muselée, opposition criminalisée, institutions conquises par le parti au pouvoir n’est pas propre à la Hongrie. Il circule, il inspire, il se décline. Des dirigeants africains l’ont regardé avec intérêt : comment gouverner longtemps, comment neutraliser les contre-pouvoirs, comment légitimer l’autoritarisme dans le vocabulaire de la démocratie.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est réjouie que “la Hongrie a choisi l’Europe”. Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz ont appelé Magyar pour le féliciter. Selon le Center for American Progress, “c’est une défaite retentissante pour l’autoritarisme, dont l’écho dépasse largement les frontières de la Hongrie.”
Ce que Budapest a montré ce dimanche, c’est que les populations, quand elles sont suffisamment mobilisées, peuvent défaire des systèmes qui semblaient indéboulonnables. Le taux de participation a atteint 77,80 % à 18h30, dépassant tous les records précédents un surcroît de mobilisation concernant surtout les villes et les jeunes. En Afrique aussi, des jeunes générations regardent leurs dirigeants avec impatience et lucidité. La leçon de Budapest mérite d’être entendue dans d’autres capitales que Bruxelles.





























