Les mots viennent du sommet de l’État. Ce samedi 11 avril, face à la presse réunie à Kinshasa, le député national Patrick Munyomo, élu de la ville de Goma, a relayé un message d’espoir du président Félix Tshisekedi concernant la crise sécuritaire dans l’est de la RDC. Porteur d’une mission explicite de la présidence, l’élu s’est positionné comme le pont entre le sommet de l’État et une base populaire dont la résilience est mise à rude épreuve.
« La paix n’est qu’une question de temps », la formule est claire, peut-être trop. Car à Goma, à Rutshuru, à Walikale, la paix n’est pas un horizon abstrait : c’est une denrée quotidiennement confisquée. Les habitants de ces territoires vivent sous la menace permanente des affrontements entre l’AFC-M23 et les FARDC, dans des maisons souvent sans eau ni électricité, dans des rues où les uniformes font peur quelle que soit leur couleur.
En parallèle à son message de fermeté et de réconfort, l’élu a déposé un cahier des charges exhaustif auprès des institutions pour répondre à l’urgence humanitaire au Nord-Kivu. Ce geste concret dit quelque chose que les discours ne disent pas : la situation est grave, urgente, et les populations ne peuvent plus attendre les seuls effets de la diplomatie.
Dans les coulisses, le débat sur un éventuel troisième mandat pour Félix Tshisekedi continue d’agiter les cercles politiques de Kinshasa. Des voix proches du pouvoir évoquent un « mandat spécial de 12 ans de paix » comme alternative constitutionnelle. Une équation politique complexe, dans laquelle la paix à l’Est devient aussi, paradoxalement, un enjeu électoral. Pour les populations de Goma, ce calcul sonne comme une trahison silencieuse. Elles ne veulent pas être une promesse de campagne. Elles veulent rentrer chez elles.





























