L’exploitation illégale des ressources minières continue d’alimenter l’instabilité dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon les Nations unies, la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo – Mouvement du 23 mars tirerait d’importants revenus de cette économie clandestine.
Lors d’une intervention devant le Conseil de sécurité des Nations unies à New York, la secrétaire générale adjointe de l’ONU aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, a affirmé que les rebelles percevraient plus d’un million de dollars chaque mois grâce à l’exploitation et à la contrebande de minerais dans les zones qu’ils contrôlent.
Selon la responsable onusienne, ces activités illégales constituent aujourd’hui une source majeure de financement pour les groupes armés actifs dans la région. Le contrôle des gisements et des circuits commerciaux permettrait aux rebelles de soutenir leurs opérations militaires et de consolider leur influence dans plusieurs territoires.
L’est du pays est particulièrement riche en ressources naturelles stratégiques. On y trouve notamment du cobalt, de l’or et du coltan, des minerais très recherchés sur les marchés internationaux. Cette abondance attire depuis plusieurs années des groupes armés qui tentent de prendre le contrôle des sites miniers et des routes de contrebande.
Cette économie parallèle a des conséquences directes sur la sécurité et la gouvernance locale. Elle fragilise l’autorité de l’État, alimente les réseaux criminels et prolonge les cycles de violence qui touchent les populations civiles.
Face à cette situation, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo travaille en collaboration avec les autorités congolaises et plusieurs partenaires régionaux. L’objectif est de limiter l’influence des groupes armés sur les zones minières et de perturber les filières de commerce illicite.
Pour Rosemary DiCarlo, la stabilisation durable de la région passe nécessairement par une meilleure gouvernance du secteur minier. Elle plaide pour une traçabilité renforcée des minerais et une coopération accrue entre les États de la région des Grands Lacs.
Les Nations unies estiment toutefois que les immenses ressources naturelles de la RDC pourraient devenir un moteur de développement. Mais cet objectif restera difficile à atteindre tant que ces richesses continueront d’alimenter les groupes armés et les circuits clandestins.






























