À Kinshasa, mégapole de plus de 17 millions d’habitants, l’axe de l’avenue Kasa‑Vubu reliant les communes de Bandalungwa et de Kintambo est devenu symbole d’un dysfonctionnement persistant des infrastructures urbaines. Autrefois artère clé de circulation, le tronçon entre les arrêts Bloc et Quado est aujourd’hui presque impraticable, transformé en un champ de nids‑de‑poule, de mares d’eau stagnante et de chaos routier permanent.
Sur ce tronçon, la chaussée s’est effritée sous l’effet des pluies et de l’absence d’entretien continu. Entre les arrêts Bloc et Tshibangu, les pluies récentes ont inondé la quasi‑totalité de la route, transformant une portion majeure de l’axe en marécage. Les conducteurs, automobilistes comme motards, n’ont d’autre choix que de contourner les zones les plus dégradées, parfois en roulant à contresens, ce qui accroît les risques d’accidents dans une ville déjà régulièrement frappée par des embouteillages monstres. Des études montrent que la majorité des routes de Kinshasa souffrent de défauts de drainage et de revêtement, aggravant les embouteillages et ralentissant les déplacements quotidiens.
Des temps de trajet multipliés et des transports informels en hausse
« Avant, mon trajet prenait moins de 30 minutes. Aujourd’hui, il peut durer plus de deux heures », confie Marcel, chauffeur de taxi moto, en attendant des passagers près de Quado. Les motos‑taxis, appelées wewas, sont désormais utilisées majoritairement par les résidents pour contourner la congestion. Une étude récente révèle que près de 70 % des habitants déclarent utiliser ce mode de transport comme principal moyen de déplacement à Kinshasa, en raison de l’état des routes et de l’absence d’un système de transport public structuré.
Les conséquences vont bien au‑delà des désagréments de circulation. Sur l’avenue Kasa‑Vubu, les eaux stagnantes dégagent des odeurs nauséabondes et créent des conditions propices à la prolifération de moustiques, exposant les riverains à des risques accrus de paludisme et d’autres maladies vectorielles. « Mes enfants ne peuvent plus jouer dehors sans que je m’inquiète pour leur santé. Les moustiques sont partout », raconte Madame Fifi, résidente de Ma Campagne.
La dégradation de la route perturbe également l’accès des services essentiels. Parents et enfants peinent à se rendre aux écoles alentours, les transferts vers les centres de santé deviennent plus coûteux et les coûts liés à l’entretien des véhicules augmentent de façon significative.
Face à cette situation, les riverains et usagers exhortent les autorités provinciales et le ministère des Travaux publics à accélérer la réhabilitation complète de l’axe Kasa‑Vubu. « Nous ne demandons pas seulement des réfections ponctuelles, mais une réhabilitation structurée et durable », affirme Elie, un commerçant du quartier.
Ce cas n’est pas isolé. Kinshasa, avec son développement urbain rapide, souffre d’un manque de planification et d’entretien constants des infrastructures routières, malgré son importance économique pour la République démocratique du Congo.






























